Fête de la vanille 2025 : le lycée des Métiers du Goût aux côtés des producteurs mahorais

À Mayotte, la Fête de la vanille 2025 réunit producteurs, élèves et partenaires autour d’une filière fragilisée par le cyclone Chido, mais plus que jamais résiliente. Le Lycée des Métiers du Goût et des Saveurs y met en lumière les richesses du terroir mahorais.

Cela fait désormais trois années consécutives que le Lycée des Métiers du Goût et des Saveurs est sollicité par l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte pour cet évènement, qui en est à sa 5ᵉ édition sur le territoire.

Cette édition est placée sous le signe de la solidarité et de la résilience, dans un contexte particulièrement difficile pour le monde agricole, durement touché par le cyclone Chido. Fidèle à ses valeurs, le Lycée des Métiers du Goût et des Saveurs a une nouvelle fois répondu favorablement à l’appel de l’association, en mobilisant son savoir-faire et son sens de l’engagement collectif.

Déjà mise en avant lors de la conférence de presse de la session 2025, organisée pour la deuxième fois au sein de l’établissement, cette collaboration témoigne de la reconnaissance accordée au lycée. Le partenariat noué avec l’association Saveurs et Senteurs s’inscrit dans une dynamique clairement gagnant-gagnant.

Les élèves ont ainsi l’opportunité de découvrir les épices de leur terroir, de les valoriser et d’enrichir leurs compétences professionnelles. Ils expérimentent de nouvelles productions à partir de la vanille et d’autres épices issues des exploitations mahoraises, y compris dans la réalisation de cocktails. À cette occasion, près de 4 000 pièces salées et sucrées sont fabriquées par les élèves, sous l’encadrement de leurs professeurs, et proposées à la dégustation du public tout au long du week-end de l’évènement. Chaque création intègre une note de vanille, mettant en avant ce produit emblématique.

En relevant ce défi, les élèves et leurs enseignants contribuent pleinement au rayonnement du Lycée des Métiers du Goût et des Saveurs. Qu’ils soient en formation en boulangerie-pâtisserie ou dans les métiers de la production culinaire, les élèves s’imprègnent d’idées, de techniques et de savoir-faire utiles à leur futur métier ou à leurs poursuites d’études.

Les producteurs peuvent, quant à eux, compter sur l’engagement des élèves, qui valorisent leurs produits et participeront, pour certains, à les promouvoir localement ou au-delà du territoire, en fonction de leurs parcours professionnels.

L’implication du Lycée des Métiers du Goût et des Saveurs contribue ainsi à renforcer le lien entre l’école, jusqu’au niveau académique, et les acteurs du monde économique, dans une logique de co-construction du territoire de Mayotte, particulièrement essentielle dans le contexte actuel de reconstruction de la filière vanille après le passage du cyclone Chido.

Une 5e édition placée sous le signe de la solidarité et de la résilience

Alors que le cyclone Chido a durement affecté l’agriculture mahoraise, et notamment les plantations de vanille, l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte a fait le choix de maintenir la 5ᵉ édition de la Fête de la vanille. Placée sous le thème « Le monde agricole après Chido », cette édition se veut à la fois un hommage à la résilience des agriculteurs et une affirmation de l’attachement du territoire à ce produit emblématique.

L’objectif affiché est de mobiliser largement le public autour des producteurs, de valoriser leurs efforts de reconstruction et de rappeler que, malgré les dégâts subis, « la vanille de Mayotte avance », même si de nombreux exploitants ont dû repartir presque de zéro.

Ateliers participatifs, concours et rencontres avec les producteurs

Tout au long de la journée du samedi, le public est invité à participer à des ateliers et animations organisés au sein du Pôle d’Excellence Rurale (PER) de Coconi, autour de la replantation et de la valorisation de la vanille :

  • replantation du jardin du PER avec la participation du grand public ;

  • démonstration de la mise en place d’une serre en bambou ;

  • évocation de l’ancien espace du PER, autrefois dédié à la conservation de nombreuses variétés de vanille venues du monde entier, aujourd’hui détruit par le cyclone.

Afin de renforcer le lien avec le public, l’association propose également :

  • un concours de pâtisserie sur le thème de la vanille, mettant en lumière la créativité autour de ce produit ;

  • un concours photo intitulé « Le monde agricole après Chido », ouvert jusqu’au 15 novembre, pour témoigner des réalités du terrain et des dynamiques de reconstruction ;

  • une table ronde réunissant les producteurs, permettant au public d’échanger, de mieux comprendre le métier d’agriculteur et les enjeux de la filière, dans une démarche de pédagogie et de sensibilisation des consommateurs.

Une filière fragilisée mais tournée vers l’avenir

Les conséquences du cyclone Chido sur la filière vanille sont majeures : plus de 80 % des exploitations auraient été touchées à des degrés divers. Les volumes de production ont fortement chuté : alors que la campagne 2024 approchait les deux tonnes de vanille verte, la récolte 2025 n’atteint qu’environ 160 kg, avec des gousses souvent de qualité inférieure, affectées par le stress subi par les lianes.

Malgré ce contexte difficile, l’association Saveurs et Senteurs affiche une volonté de relance progressive, avec un objectif d’environ 300 kg de vanille verte en 2026. Par ailleurs, une partie de la récolte 2024 reste disponible, notamment sous forme de produits dérivés tels que des sirops.

Les difficultés d’accès aux aides publiques sont également mises en lumière : près de la moitié des agriculteurs n’auraient pas pu bénéficier des dispositifs de soutien en raison de critères administratifs, et l’association elle-même n’aurait reçu qu’un appui financier limité.

Un projet de vitroplants pour accélérer la relance

La reconstruction de la filière vanille s’inscrit dans le temps long : pour les producteurs les plus touchés, un délai d’environ cinq ans est nécessaire avant de retrouver une production significative. Afin de réduire ces délais, l’association envisage la mise en place d’un programme de production de vitroplants de lianes mahoraises.

Ce dispositif permettrait de produire en laboratoire un grand nombre de boutures, pouvant être distribuées aux agriculteurs au bout de deux ans, accélérant ainsi la relance de la production. Un tel projet nécessite toutefois des moyens financiers importants, ce qui justifie un appel aux partenaires et mécènes sensibles à la valorisation de la vanille mahoraise.

Mise à jour : décembre 2025