Qu’il s’agisse d’un simple croquis ou d’une conférence sur les fortifications anciennes, chaque activité a rappelé que l’architecture n’est pas seulement une affaire de techniques, mais aussi un vecteur de mémoire et de transmission.
« Levez les yeux » : explorer la ville autrement
Le vendredi 19 septembre, en amont des JEP, près de 1000 élèves issus de 14 établissements ont participé à une action organisée par le CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) dans le cadre du dispositif national « Levez les yeux ».
L’activité, intitulée « Exploration urbaine », proposait la découverte de neuf quartiers de Mayotte (Mamoudzou, Pamandzi, Labattoir, Hamjago, Bandrélé, Bouéni, Sada, M’Tsangamouji), sous la conduite d’architectes et de membres du CAUE.
Au programme : observation des éléments décoratifs des maisons mahoraises et découverte de la richesse des pratiques locales d’auto-construction, en lien avec un concours photo également porté par le CAUE.
Croquer pour apprendre : l’architecture au bout du crayon
Une architecte a proposé aux élèves une expérience originale : réaliser des croquis pour observer et comprendre les infrastructures des maisons. Accompagnés par deux professeurs, ils ont appris à dépasser le simple regard pour entrer dans une démarche d’analyse.
Tracer un croquis, c’est ralentir, observer minutieusement, comprendre la logique des formes, des matériaux et des structures. Les élèves ont ainsi découvert comment une façade pouvait évoluer au fil du temps ou comment les choix architecturaux influencent à la fois la solidité et l’esthétique d’un édifice. Grâce aux enseignants, chaque observation a été mise en perspective avec des connaissances historiques, transformant la visite en véritable atelier d’apprentissage.
Au musée de Mayotte : entre architecture navale et mémoire fortifiée
De leur côté, les visiteurs du Musée de Mayotte à Petite-Terre ont exploré une autre facette du patrimoine autour du thème : « L’architecture, porte sur l’avenir et fenêtre sur le passé ».
L’équipe du musée a mis en avant l’insularité de Mayotte à travers des ateliers et des expositions consacrés à l’architecture navale. Les maquettes de navires (boutres, caravelles, chébecs) ont permis de comprendre le rôle de la navigation dans le peuplement et le commerce de l’océan Indien. Un atelier a notamment initié le public au vocabulaire et aux éléments constitutifs des bateaux, offrant une approche concrète et ludique.
Un éclairage particulier a été donné à la muraille de Dzaoudzi, construite à la fin du XVIIe siècle par les sultans pour renforcer leur pouvoir après les conflits de Tsingoni. Parfois appelée « mur arabe », cette fortification a subsisté jusqu’à la période coloniale avant que ses pierres ne soient réutilisées. Des vestiges en témoignent encore aujourd’hui, rappelant un pan méconnu de l’histoire de l’île.
La restitution de ces recherches a été approfondie lors d’une conférence de l’historien Michael Tournade, accompagné de chercheurs du CIUFR. La table ronde organisée sur ce thème, en présence d’associations locales, a enrichi la réflexion sur la mémoire et l’héritage de ces fortifications.
Un patrimoine vivant
De l’exercice du dessin aux conférences historiques, ces Journées du patrimoine ont permis d’aborder l’architecture sous plusieurs angles : outil d’apprentissage, clé de compréhension du passé et support de transmission.
À travers l’observation minutieuse des maisons, la découverte des navires ou la redécouverte des murailles anciennes, élèves, enseignants, chercheurs et grand public ont partagé une même expérience : celle d’un patrimoine qui relie les générations et qui, loin d’être figé, continue de nourrir notre compréhension du monde et de nous projeter vers l’avenir.
Mise à jour : septembre 2025


