Dans le cadre du dispositif École ouverte, une initiative déployée à Mayotte, notre équipe du service de communication de l'académie accompagnée par des inspecteurs et des conseillers du recteur, DRANE et CT-EVS (responsable du dispositif) s'est rendue dans différents établissements du second degré afin d’observer et comprendre les activités mises en place pour les élèves. Au total, plus de 2500 élèves volontaires s’étaient inscrits, environ 70% sont venus…mais pour quoi faire ?
Des initiations au secourisme : un enjeu vital et engageant pour tous.
Parmi les activités proposées, une formation aux gestes de premiers secours (PSC1) a été dispensée par une professeure d'Éducation Physique et Sportive (EPS) au collège de M’Gombani. Cette formation, d'une durée minimale de 8 heures, est souvent difficile à organiser pendant l'année scolaire en raison des contraintes d’emplois du temps. Grâce à l'École ouverte, ces sessions sont accessibles aux élèves volontaires, leur permettant d'obtenir une certification précieuse.
C’est une formation qui change du quotidien. On fait des simulations avec du faux sang, et les élèves adorent, car c’est concret. Ils en parlent à leurs camarades et les sessions affichent toujours complet.
Les élèves, enthousiastes, ont témoigné de l'importance de ces ateliers, à la fois ludiques et formateurs. Ils ont appris les bons réflexes à adopter en cas d’urgence : comprimer une plaie, sécuriser une personne blessée, alerter les secours et éviter d’aggraver une situation en déplaçant une victime sans précaution. Certains ont exprimé un intérêt pour les métiers du secours, comme ceux de médecin ou de pompier.
D’autres établissements (Kawéni 2, M’tsangamouji, lycée de Kahani) ont bénéficié de l’appui des pompiers des formations militaires de la sécurité civile (FORMISC) envoyés dans le département suite au cyclone Chido afin que les élèves puissent apprendre les gestes qui sauvent (GQS). D’ailleurs, au lycée de Kahani, les enseignants ont manifesté le besoin d’être formés eux aussi et une suite favorable a été donnée.
Une immersion dans le monde des médias
Autre initiative phare de l'École ouverte : l’atelier podcast, piloté par la référente WebRadio du collège de M’Gombani . Cet atelier, qui se tient habituellement tous les mercredis, a été ouvert à un public plus large durant le programme. Son objectif ? Faire découvrir aux élèves les métiers connexes du journalisme et les différents formats médiatiques, tout en les impliquant activement dans la production de contenus radiophoniques.
C'était une belle opportunité d’ouvrir l'atelier à tous les élèves volontaires, notamment aux 4e et 3e en période d’orientation. Certains ont montré un réel intérêt pour le monde des médias et souhaitent poursuivre cette expérience.
Les jeunes participants ont ainsi pu écrire des articles, enregistrer des interviews et travailler en régie, une immersion qui leur a permis de mieux comprendre l’univers journalistique et d’exercer leur expression orale. Ce projet, dont un des objectifs est de travailler l’éloquence, s’inscrit dans une continuité, ayant été mis en place dès la rentrée et poursuivi avec succès malgré les aléas récents notamment liés à Chido.
Un soutien à l’écriture numérique dans le cadre des candidatures Parcoursup mais aussi de l’expression artistique.
Au lycée des lumières, les élèves de terminale professionnelle « métiers de l’accueil » étaient accompagnés afin de finaliser et mettre en page leurs livrets de stages nécessaires pour rendre compte des PFMP (périodes de stage en milieu professionnel) qu’ils ont effectuées. Certaines élèves qui souhaitent poursuivre en BTS profitaient du temps, du matériel et de l’accompagnement proposés pour rédiger leur lettre de motivation. En effectif réduit et dans un climat serein, l’atelier offrait des conditions optimales pour réaliser ce type d’activités. Non loin de là, dans les espaces extérieurs, des élèves passionnés ont pu développer leurs talents en laissant libre cours à leur créativité. Au collège Kaweni 2, les élèves pouvaient découvrir des peintres hispaniques et s’inspirer de leurs œuvres avant de manier le pinceau, ou encore construire décors et costumes du théâtre de marionnettes qui leur permettra d’exercer leur expression orale.
Des clubs qui utilisent le temps des vacances pour aller plus loin.
Déjà régulièrement impliqués dans un atelier « robotique du laboratoire de technologie » ou un atelier « classe média » à raison d’une heure par semaine en temps scolaire, des élèves du collège de Koungou nous ont confié que ce temps dédié était habituellement trop court et que l’avantage de l’École ouverte était de disposer de durées plus conséquentes pour progresser. Ces ateliers sont donc une opportunité pour les élèves déjà engagés de développer leurs savoirs, mais c’est aussi l’occasion d’intéresser les plus jeunes qui s’initient au contact de leurs aînés et dont les talents s’exprimeront lors de la prochaine fête de la science au collège.
Des jeux pour consolider ses connaissances, apprendre à coopérer et à se projeter
Au collège Kawéni 2, un atelier de jeux, animé par un professeur d’histoire géographie permet de développer ses compétences dans un contexte ludique. Certains jeux ont été fabriqués avec des matériaux de récupération, d’autres jeux de plateaux sont plus classiques (Scrabble). Tout en s’amusant, les élèves apprennent à coopérer, ils apprennent aussi à perdre ce qui est important pour le « vivre ensemble ». Au collège de Dembéni, ce sont des progrès en stratégie qui sont visés par les élèves du club « jeu de dames », mais ils ont également pu fabriquer leur propre plateau de jeu. Dans la salle voisine, le professeur de mathématiques initie les élèves à la programmation (langage Scratch) et ceux-ci sont fiers de nous expliquer comment, grâce à cette activité, ils ont assemblé les différentes briques de codage afin de fabriquer un jeu numérique. Les élèves jouent, tout en apprenant les algorithmes.
Des activités en lien avec l’EDD pour se projeter dans l’avenir
Un atelier reboisement est proposé l’après-midi au lycée de Kahani. Des élèves du collège de Dembéni accompagnés par le référent EDD plantent des arbres et des massifs afin d’embellir les extérieurs du collège mais aussi pour retrouver de l’ombre après le passage du cyclone Chido.
Et partout des activités physiques et de la remédiation scolaire
Dans ces différents établissements scolaires, les ateliers « remédiation en français », « Préparation au grand oral », « Histoire, art et culture hispanique », « entrainement aux exercices proposés sur la plateforme PIX afin d’améliorer ses pratiques numériques » peuvent paraitre moins attractifs, mais ils sont alors proposés à des élèves de niveaux de classes précis et répondent à un besoin bien identifié. Les chefs d’établissements veillent alors à équilibrer la matinée en couplant ces temps plus scolaires avec des activités d’extérieur et l’EPS n’est pas en reste. De l’initiation à la boxe française ou au VTT, en passant par une chasse aux trésors organisée à la pointe Mahabou, jusqu’aux tournois de football organisés ici et là, et ceci malgré le manque d’ombre lié aux conséquences de Chido, nous avons pu rencontrer des professeurs et des élèves actifs et heureux.
Tous profitaient des ateliers de l’École ouverte pour progresser, enrichir leur lexique, entretenir leur santé, vivre des expériences collectives valorisantes donc développer leur estime de soi et finalement construire le « vivre ensemble ».
Mise à jour : mars 2025











