Lycée du Nord : les élèves pairs, acteurs de la prévention et de la citoyenneté

Au Lycée du Nord, une cinquantaine d’élèves pairs ont été formés par les gendarmes de la Cité du Nord pour prévenir les violences scolaires et renforcer le climat de confiance au sein de l’établissement. Ces élèves pairs incarnent une forme concrète de citoyenneté active à l’échelle scolaire.

Encadrés par l’équipe éducative et les forces de l’ordre, ces jeunes volontaires jouent un rôle de vigie. La mécanique est volontairement discrète : pas de brassard, pas de signe ostentatoire. Les élèves pairs communiquent entre eux, avec l’équipe éducative, la gendarmerie et les chargés de prévention
dans les communes. La sélection vise une représentativité équilibrée par village d’origine et par classe.

« Ce sont eux qui éteignent les étincelles de conflit avant qu’elles ne deviennent des incendies », explique Noël Sanchez, proviseur du lycée.

Sélectionnés pour représenter les différents niveaux et villages, ils interviennent de manière discrète, sans signe distinctif, en lien avec la vie scolaire et les acteurs de prévention. « Plus ils sont nombreux, plus on peut agir vite », ajoute-t-il. 

Pour certains élèves, cet engagement est une révélation personnelle. Raïna, en terminale, raconte comment elle est passée du statut de victime de harcèlement à celui de soutien actif :

Dans mon village, quand je passe, on me dit: elle est pair, il ne faut pas lui parler, c’est une balance...Mais moi, ça ne me fait rien. Je sais que
ce n’est pas le cas. 

Raina, élève de terminale.

Quant à Maïmoune, également en terminale, elle souligne l’impact de la formation :

« J’ai compris que la violence psychologique était réelle. J’ai pu dialoguer avec mes parents, et cela a changé notre relation. »

Ces témoignages traduisent la portée éducative du dispositif, tant sur le plan personnel que collectif.

Du côté des forces de l’ordre, l’utilité du dispositif ne fait aucun doute. « Ils nous remontent des infos précieuses sur ce qui se passe dans les bus, dans les villages, là où nous n’avons pas accès », souligne un chargé de prévention de la gendarmerie.

Portée par ces résultats, l’équipe du lycée ambitionne de tripler les effectifs de pairs. « Ils sont 50 aujourd’hui, j’en voudrais 150 », confie M. Sanchez. L'objectif est de consolider un réseau d’élèves sentinelles capables d’agir avant que les tensions n’explosent — pour que, autant que possible, « il ne se passe rien ». 

Plus il y aura de pairs en action, plus il sera possible d’éteindre rapidement les étincelles et d’empêcher la colère de gagner les cours et les villages.

Mise à jour : septembre 2025