Concours de lecture à haute voix : deux élèves de l'académie en demi-finale nationale

À Mayotte, Un lycéen et une collégienne s’apprêtent à représenter fièrement leur académie lors du prestigieux concours national de lecture à haute voix. La demi-finale aura lieu entre le jeudi 27 mars et le jeudi 3 avril 2025.

Ce concours met à l’honneur l’art de la lecture et de l’interprétation, un défi aussi exigeant que passionnant pour les participants.

Hachim Irzadou, la voix engagée d’un lycéen passionné de littérature à Mayotte

Parmi eux, Hachim Irzadou, élève en terminale spécialité HLP (Humanités, Littérature et Philosophie) au lycée de Tsararano, défendra les couleurs de l’île avec le texte « L’Enfant noir – À ma mère » de Camara Laye. À 18 ans, ce passionné de littérature vit cette expérience comme une étape marquante de son parcours personnel et scolaire.

Participer à ce concours m’a permis de mettre en avant ma passion pour la langue française et l’art de l’oralité, confie-t-il avec enthousiasme. Affirme-t-il.

Originaire du village de Pomoni, Hachim a rejoint Mayotte à l’âge de 7 ans. Depuis, il a parcouru un chemin impressionnant, marqué par une curiosité insatiable et un amour profond pour les mots. Sa spécialité HLP lui permet aujourd’hui de nourrir ses projets d’avenir, notamment dans les domaines de l’écriture, de l’enseignement et des lettres.

J’ai choisi la spécialité HLP parce qu’elle me permet d'affiner ma pensée critique, de développer mon argumentation et d’explorer des aventures littéraires et philosophiques, explique-t-il.

Mais préparer un concours de lecture à voix haute, ce n’est pas de tout repos. Hachim a dû faire face à plusieurs défis : choisir un texte qui lui correspond, travailler sa diction, gérer le stress de la scène… Un véritable travail de fond.

Lire à voix haute demande une vraie maîtrise : il faut gérer le rythme, les intonations, la présence orale… et surtout, réussir à toucher le public, dit-il.

Sa passion pour la lecture est née autour de ses 10 ans, lorsqu’il a commencé à découvrir les livres grâce à des amis. Depuis, la lecture est devenue une habitude essentielle dans son quotidien.

Les livres m’ont ouvert des horizons, m’ont permis de réfléchir et de voyager à travers les mots, partage-t-il avec émotion.

Hors des salles de classe, Hachim est aussi un jeune homme plein de vie : il aime passer du temps avec sa famille, cuisiner, et même faire les tâches ménagères, qu’il considère comme une manière d’aider et de renforcer les liens familiaux. Il apprécie également les moments de solitude, propices à la réflexion.

Cette aventure du concours lui a beaucoup appris : la confiance en soi, la gestion du stress, mais aussi l’importance de la rigueur et de l’entraînement.

Une bonne lecture, ce n’est pas juste comprendre un texte. C’est réussir à le transmettre avec émotion, souligne-t-il.

Quand on lui demande de se décrire en trois mots, il répond sans hésiter : bavard, dynamique et sociable. Des qualités qui transparaissent dans sa manière d’aborder la scène et la vie.

Enfin, il adresse quelques conseils à ceux qui voudraient, eux aussi, se lancer dans un concours de lecture à haute voix :

Choisissez un texte qui vous parle, travaillez la diction, entraînez-vous régulièrement… mais surtout, prenez du plaisir. Si vous aimez ce que vous lisez, le public le ressentira.

Victoria Vanreysselberge, 12 ans, porte haut la voix des collégiens de Mayotte

Du haut de ses 12 ans, Victoria Vanreysselberge, élève de 5e au collège de Tsingoni, a su conquérir le jury du concours de lecture à voix haute jusqu’à atteindre la demi-finale nationale. Avec sa voix posée, sa maturité étonnante et une passion sincère pour les mots, elle incarne fièrement la relève littéraire mahoraise.

C’est en classe de 5e Théâtre que Victoria a entendu parler du concours. Pour elle, ce fut une évidence.

Quand on m’a dit que c’était un concours de lecture à voix haute, je me suis dit que c’était fait pour moi. Affirme-t-elle

Ce qu’elle aime dans la lecture à haute voix ? Le partage. Partager une émotion, une histoire, un regard sur le monde.

Lire à voix haute, c’est un moyen de transmettre ses connaissances, que ce soit à ses amis, à sa famille ou même à des inconnus. Rajoute-t-elle.

Durant cette aventure, Victoria n’a jamais été seule. Elle tient à remercier ses camarades, qui ont joué un rôle essentiel dans sa préparation.

Ils m’ont soutenue, ils m’ont conseillée. Sans eux, je ne sais pas si je serais ici aujourd’hui. Dit-elle avec émotion.

La jeune élève a choisi un extrait poignant de Petit Pays de Gaël Faye, un roman qui aborde l’enfance, l’exil et la guerre au Burundi à travers les yeux d’un jeune garçon.

J’ai choisi le prologue parce que les questions que l’enfant pose à son père m’ont profondément touchée. Il demande pourquoi il y a la guerre entre les Hutus et les Tutsis.

Son choix de texte témoigne de sa sensibilité et de son intérêt pour des sujets complexes, à hauteur d’enfant.

À travers cette expérience, Victoria a appris à croire en elle, à ne pas abandonner à la moindre difficulté, et à donner le meilleur d’elle-même.

Même si c’est dur, il ne faut pas renoncer. Si on n’essaye pas, on ne saura jamais si on peut réussir.

Quand on lui demande ce qu’elle conseillerait à ses camarades qui hésitent à se lancer, sa réponse est claire :

Croyez en vos capacités. Ne baissez pas les bras. Osez essayer.

Avec Hachim Irzadou et Victoria Vanreysselberge, Mayotte brille cette année dans le concours de lecture à voix haute. Deux voix différentes, mais unies par la même passion : faire vivre les textes et les transmettre avec cœur.

En route vers la finale !

 

Mise à jour : avril 2025