Journée des Droits des Femmes au Lycée de Petite-Terre : Une mobilisation forte et engagée

À Mayotte, le Lycée de Petite-Terre a vibré au rythme de la Journée internationale des droits des femmes. À travers un forum riche en ateliers, en échanges et en témoignages, l’établissement a su mobiliser élèves, professionnels et institutions autour du respect des droits fondamentaux.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Lycée de Petite-Terre à Mayotte s’est transformé en un espace de sensibilisation, d’échange et d’apprentissage pour les élèves, grâce à un forum riche en ateliers, en témoignages et en partenaires engagés. Une initiative saluée par tous, tant pour sa pertinence que pour la qualité de son organisation.

Une mobilisation collective

Dès les premières heures de la journée, l’établissement a accueilli de nombreux stands animés par des professionnels, des associations, des élèves et des représentants institutionnels. L’objectif : aborder des thématiques cruciales telles que la violence conjugale, la contraception, le consentement, la santé sexuelle, ou encore les inégalités de genre.

Parmi les figures notables présentes, Mme Manarssana Bwana, directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, a salué l’engagement du lycée :

    « C’est la troisième fois que ce forum est organisé ici. Ce qui me marque, c’est l’intérêt croissant des jeunes, notamment des filles, pour les sujets du consentement, des règles, et de la contraception. »

Une visite officielle et des partenaires impliqués

La journée a aussi été marquée par la visite du service de communication auprès du recteur, venu rencontrer les intervenants et valoriser l’événement sur le site académique.

Il a pu échanger avec différents partenaires comme la Croix-Rouge, la Maison des Adolescents, la Maison de Protection des Familles (MPF), l’ACFA, ainsi que des représentants de la gendarmerie, tous réunis autour d’une même cause : informer et protéger la jeunesse.

Des ateliers interactifs et percutants

Parmi les animations proposées :

  Atelier sur la contraception animé par Youssef Meshbal, visant à présenter les différentes méthodes pour hommes et femmes, mais aussi à rappeler que l’avortement reste une solution possible en cas d’échec contraceptif.

    « Il est important de souligner que la contraception masculine est moins contraignante, et pourtant encore peu assumée. »

  Simulation de douleurs menstruelles proposée par des élèves ambassadrices de la précarité menstruelle, en partenariat avec la Croix-Rouge.

Tiana, lycéenne impliquée, explique :

    « C’est un moyen de sensibiliser les garçons à une réalité féminine souvent ignorée. Beaucoup ont été surpris par la douleur ressentie. »

  Atelier sur le consentement et les violences sexuelles animé par la gendarmerie via la MPF, très attendu par les élèves.

    L’adjudant-chef Soufiane Soufiane, commandant de cette unité spécialisée, précise :

    « Le consentement, c’est pouvoir dire ‘non’ à tout moment, même après avoir dit ‘oui’. Cette notion est trop souvent mal comprise. »

Un rôle clé pour les personnels de santé scolaire

Mme Karol Cazès, infirmière au lycée, a tenu un rôle central dans la coordination de l’événement.

    « Notre travail ne se limite pas à soigner. Nous faisons de la prévention, de l’éducation à la vie affective et sexuelle, et nous sommes souvent les premières à recueillir les confidences d’élèves victimes de violences. »

Elle rappelle que les interventions sur l’éducation sexuelle sont obligatoires en classes de seconde, mais souhaiterait les renforcer, notamment sur la thématique du consentement.

Débats Jeunes 2025 – Une parole libre, essentielle, ancrée dans le réel

De plus, la journée s’est clôturée par un moment fort : les Débats Jeunes 2025, organisés par le collectif CIDE Outre-mer. Ce mardi 13 mai, dix finalistes issus de plusieurs établissements ont porté haut la voix d’une jeunesse lucide, engagée et profondément enracinée dans les réalités locales.

Leurs discours ont démontré toute la force transformatrice de la parole des jeunes, quand elle est écoutée, accueillie, et reconnue dans l’espace public. Cette 3e édition, dans le cadre du 7e appel à projets de l’association HZW, a permis d’ouvrir un espace inédit de dialogue, de réflexion et de transmission.

Dans le prolongement du mouvement "Wamitoo", le projet s’appuie sur les piliers de la Convention internationale des droits de l’enfant :
– le droit à la protection,
– le droit à l’égalité de genre,
– le droit à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle,
– et le droit à la santé mentale.

Les jeunes ont croisé récits personnels et luttes collectives, évoquant des figures inspirantes comme Gisèle Halimi, Malala Yousafzai, Simone Veil, mais aussi des femmes de leur entourage : mères, sœurs, enseignantes ou grands-mères.

Le jury, composé d’acteurs de la santé, de la justice, de l’éducation et du monde associatif, comptait entre autres :
– Manarssana Boina (DRDFE)
– Florence Bride, représentante du recteur
– Solène Pietrzyk (ARS Mayotte)
– Dr Virginie Briard (CMPEA)
– Sylvie E. (Tribunal judiciaire de Mamoudzou)
– Nadia Gomis (ACFAV – France Victimes 976)
– Fatima Zoubert (CIDE Outre-mer)

Les quatre lauréates – Malika Assani, Maïssane Ali, Miyade Said Allaoui et Léna Weissend – représenteront Mayotte lors des États Généraux des Droits de l’Enfant au Sénat en novembre prochain, aux côtés du COFRADE.

HZW a tenu à remercier chaleureusement l’ensemble des jeunes candidat·es, organisateur·ices, et partenaires.

L’événement s’est tenu dans l’annexe du pôle aéronautique du Lycée de Petite-Terre, l’amphithéâtre principal étant endommagé par le cyclone #Chido.

Conclusion : une action à renouveler et renforcer

Cette journée aura marqué les esprits, autant chez les élèves que chez les intervenants. Elle prouve, s’il en fallait encore, que l’éducation à l’égalité, à la santé et au respect des droits fondamentaux est un pilier de la réussite éducative.

Mise à jour : mai 2025