Le 2 décembre 2024, au cœur de Mayotte, une restitution exceptionnelle réunissait élèves, enseignants, parents, artistes et partenaires autour d’un projet ambitieux : « Dara la tortue ». Dix jours avant que Chido ne frappe l’île, ce travail collectif portait déjà un message fort : protéger notre océan et nos écosystèmes, en particulier la mangrove de Kani-Kéli, joyau naturel à préserver.
Ce projet, né d’une initiative inter-degrés et transdisciplinaire, s’inscrit dans le cadre de la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC 3), coorganisée par la France et le Costa Rica. L’objectif ? Accélérer l’action et mobiliser tous les acteurs pour conserver et utiliser durablement l’océan.
Une rencontre fondatrice
Tout commence avec l’arrivée de Nicolas Judelewicz, ingénieur du son, musicien, mais aussi plongeur apnéiste. Invité dans le cadre du projet Ligne d’eau – volet 2, il fascine les élèves de l’école Passi-Kéli avec ses images sous-marines et son amour pour Mayotte. Très vite, l’idée germe : mettre son talent artistique au service d’un nouveau projet éducatif. Ainsi naît Ligne d’eau – volet 3.
Une mobilisation inédite de la maternelle au lycée
Sous l’impulsion de la directrice Anick Ferrière, l’ensemble de l’école Passi-Kéli est mobilisé, de la petite section au CM2, aux côtés de classes du CE1 de M’ronabéja, de sixième au collège de Kani-Kéli, et de terminale STMG au lycée de Chirongui. Chaque niveau apporte sa pierre à l’édifice, en musique, arts plastiques, sciences, ou philosophie.
Des partenaires essentiels soutiennent le projet : la Mairie de Kani-Kéli, le Parc marin, les parents d’élèves, ainsi que le musicien Bob Moursalat, engagé pour composer la chanson générique de fin avec les CM1/CM2.
Une pédagogie créative et ancrée dans le réel
Le film « Dara la tortue », projeté en plein air lors de la soirée du 2 décembre, raconte le voyage initiatique d’une petite tortue vivant dans la mangrove. Elle grandit, traverse les niveaux scolaires, et finit par devenir migrante climatique, confrontée aux bouleversements écologiques.
Chaque classe lui fait vivre une étape :
- En maternelle, elle découvre la socialisation et les arts plastiques.
- En CP, elle apprend à lire, compter et explore les œuvres de Matisse.
- En CE1-CE2, elle s’éveille à la science et à l’écologie, visite la mangrove, rencontre le Parc marin.
- En CM1/CM2, elle devient actrice, écrit une chanson sur le lagon avec Bob.
- En sixième, sa douleur éclate : elle exprime son désarroi climatique en musique.
- Enfin, en terminale, elle s’ouvre aux enjeux mondiaux grâce à des podcasts philosophiques sur la protection du littoral, réalisés sous la direction de Véronique.
Un projet ancré dans l’actualité
Quelques jours plus tard, le cyclone Chido puis la tempête Dikeledi viennent frapper durement Mayotte. Le silence s’installe. Pourtant, grâce à la solidarité de la communauté scolaire et au soutien du vidéaste Farez, le projet rebondit. Nicolas finalise le film, les bandes sonores, les podcasts, et l’équipe se prépare pour l’UNOC 3.
Une prise de parole à l’échelle mondiale
Aujourd’hui, le 2 juin 2025, l’école Passi-Kéli affirme fièrement : « Oui, nous avons notre place à cette conférence ! »
Parce qu’elle a su fédérer enseignants, élèves, parents, artistes, institutions et partenaires autour d’un objectif commun : préserver l’océan et la mangrove, barrière vivante entre terre et mer.
🎬 Découvrez le film "Dara la Tortue" ici :
🔗 https://vimeo.com/1040487525
Texte rédigé à partir des contributions de toute la communauté éducative de Passi-Kéli, avec un hommage particulier à l’engagement de Nicolas Judelewicz, Anick Ferrière, Bob Moursalat et tous les acteurs qui ont rendu ce projet possible.
Mise à jour : juin 2025






