Mamoudzou, le 20 mai 2025 – Ce matin, une conférence de presse s’est tenue au service régional de l’Insee à Mayotte, portant sur les orientations et mobilités post-bac des élèves mahorais. Organisée par l’Insee La Réunion-Mayotte et l’Académie de Mayotte, l’événement a réuni plusieurs personnalités du monde éducatif et institutionnel.
Une étude pour mieux comprendre les parcours post-bac
Cette conférence, à laquelle participaient notamment Loup Wolff (directeur régional de l’Insee La Réunion-Mayotte), Delphine Artaud (cheffe du service régional de l’Insee à Mayotte), Jacques Mikulovic (recteur de l’Académie de Mayotte) et Abal-Kassim Cheik Ahamed (président de l’Université de Mayotte), avait pour objectif de présenter les résultats d’une étude sur les trajectoires des bacheliers mahorais.
L’étude s’interrogeait sur les formations choisies par les élèves après le bac, l’impact de l’origine sociale, du genre ou de la nationalité sur ces choix, ainsi que sur leur mobilité : qui part, qui reste, et pourquoi.
Une croissance démographique qui bouscule l’offre de formation
Le recteur Jacques Mikulovic a rappelé la forte augmentation du nombre de bacheliers à Mayotte : 658 bacheliers supplémentaires en deux ans. Cette croissance est directement liée à la poussée démographique du territoire, ce qui exige une expansion continue de l’offre locale d’enseignement supérieur.
« En 2015, nous avions 500 places en première année dans le supérieur. En 2025, nous en comptons 1650. C’est une progression significative, mais encore insuffisante face à la demande », a souligné le recteur.
Des formations qui se diversifient
Depuis quelques années, l’enseignement supérieur à Mayotte s’est largement structuré autour de plusieurs pôles : métiers de l’aérien, du bâtiment, ou encore formations sanitaires et sociales. Des classes préparatoires (prépa maths-physique, commerce, ATS) sont désormais ouvertes, et de nouvelles initiatives sont prévues :
- Une prépa littéraire (Hypokhâgne) pourrait voir le jour au lycée de Chirongui dès 2026.
- L’offre en BTS est passée de 9 spécialités en 2015 à 22 en 2025.
- Le BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) est en cours de discussion.
- Des formations dans le domaine de la santé (orthoptiste, médecine) sont en réflexion.
Une mobilité en hausse, mais parfois contrainte
En 2024, 189 élèves de terminale ont quitté Mayotte en cours d’année, principalement pour La Réunion. Un chiffre modéré, mais qui interroge : s’agit-il de choix personnels ou de nécessité faute d’offre locale ?
« Il est essentiel que l’orientation soit choisie, et non subie à cause du manque de places ou de filières sur l’île », a insisté le recteur.
Les freins à la réussite : logement, langue, accompagnement
L’hébergement reste un obstacle majeur à la mobilité des étudiants. Des solutions sont envisagées, comme l’ouverture d’internats et la création de résidences universitaires. Par ailleurs, le recteur a souligné l’importance de renforcer la maîtrise du français, à l’écrit comme à l’oral, pour faciliter l’accès aux filières d’excellence.
« Il y a des élèves brillants à Mayotte. Ils méritent d’avoir les mêmes chances que les autres », a-t-il ajouté.
Une dynamique collective pour l’avenir
La conférence a été l’occasion de saluer les efforts menés depuis plusieurs années : création de l’université, partenariats avec des instituts comme l’IRTS pour les formations sociales, diversification des parcours...
Mais le message reste clair : l’offre de formation doit encore s’élargir, se professionnaliser, et s’adapter à la réalité du territoire pour que chaque jeune Mahorais puisse construire son avenir sereinement, ici ou ailleurs.
Mise à jour : mai 2025


